La fin du poème
C’est la fin du poème
Exit la douceur
Epaisseur et transparence,
Lumière et misères : les jeux sont faits.
Reste en rade ta flamme
On avait commencé par la r pour enfant
Dans le chemin des douceurs en fleurs
On avait cherché des ondes de choc
Dans d’autres rythmes
Heurtés, dépassionnés
Repassionnés
On avait gardé le silence,
Ensuite murmurés
Des mots doux dans la tempête
On cherchait à se rapprocher
Du bruit que fait le cœur
Quand on s’endort ou des battements des portes
Quand le vent souffle
Mais l’apaisement s’est fait
Déchirement tout doucement
On croyait dire
Et on voulait se taire
Pour ne pas ébruiter
Les instants d’intimité
Ou faire semblant de rire
Mais les regards transperçaient
Inquisiteurs à l’affût
Du moindre souffle d’amour ou de haine
On voulait surtout sortir de son corps
Se répandre partout
Grandir comme une ombre
Sur la montagne,
Sans se perdre
Sans rien perdre,
Diamant taillé.
Françoise C.
La fin du poème
Rien ne sera dit
Rien ne sera dit
Rien ne sera dit
On ne le savait pas, c’était le début
Rien ne sera trouvé, rien ne sera dit
On ne le savait pas, tout était dit
A voix basse et sans couleur
Rien ne sera dit
Rien n’a été trouvé, rien n’a été dit
On criait pourtant
Rien ne sera dit
On a tout perdu, rien à dire.
Jo
La fin du poème
Il est fini.
Tout est dit.
Je suis là, pantelante
je me couche
c'est le début de la vie, tout se joue là, pendant l'enfance….
la confrontation avec d'autres musiques, nous fit décoller
nous voguions
dans l'espace
abasourdis, nous étions là incrédules, puis nos esprits sont revenus la nuit était tombée;
nos oreilles aux aguets, étaient attentives, nous retenions nos
souffles
c'était la confusion dans notre esprit tout s'envolait
comme il est difficile de se laisser aller, de se laisser parler…
aller de l'avant.
Christiane
C’est la fin du poème
Il est tard
Ce sont des jeux sans
je
La rime des cimes
Rimes,
rythmes me poursuivent pour des « oui » et des « non ».
Je vais devoir mettre en rythme des rimes
Crier, voir, entendre, respirer, haleter,
renoncer
Blanc…l’image est belle dans ma tête
La meilleur chose : se taire au vent
Pour ne pas
perdre quand le cœur bruite dans le souffle
Alors là, pas possible : perdre c’est vivre
La fin du poème
Poète, poésie, la fin de quoi ? Des haricots ?
Faits de quoi ?
De lumière, de misère, d’obscurité
remontée…
Comme qui dirait un poème pas pensé qui rime avec des
mots !
Rythmes et sons, une musique scandée, forte,
amplifiée.
Chuchoté, susurré, chuinté,
« silencieusé »
Boum, boum, clac, clac, sorte de vent qui
bat.
Le silence enfin, parlait comme une
voix
Eclatait en sanglot comme un éclat de verre, de joie, de
vie !
Comme une plante qui grandit.
Liliane